06.07.2009
Droit d'expression ou devoir de réserve : l'affaire Cazals
Ce n'est plus un secret pour personne... Les dernières réformes proposées par le gouvernement en matière d'éducation sont loin, voire très loin de faire l'unanimité. Comme preuve, il suffit de voir le nombre de manifestations, de grèves qui ont été menées par les professeurs. Alors face souvent à des enseignants qui ont dû mal à se faire entendre quand le dialogue se rompt, il n'y a pas d'autres choix que de trouver des méthodes plus originales, plus percutantes pour faire prendre conscience aux Français des dangers perçus par les professeurs. Retour sur les solutions trouvées par Bastien Cazals pour se faire entendre et... ses conséquences !
Une affaire à rebondissements !
Des directeurs d'établissement ont refusé d'appliquer les réformes en cours. C'est un mouvement qui s'est créé autour de professeurs qui ont décidé de désobéir mais, peut-on dire, en désespoir de cause.
Et que refusent-ils d'appliquer exactement comme mesures ? Ils ne veulent pas se déclarer gréviste 48 heures à l'avance ni appliquer les nouvelles réformes de primaires. Idem pour l'aide personnalisée car celle-ci est considérée comme élément perturbateur dans l'organisation de l'école.
Regroupés sur le blog "Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école", ils sont au total 2807 professeurs (au 3 juin 2009) répartis dans 43 départements français. Alors si autant de professeurs refusent les réformes pourquoi parle t-on de Bastien Cazals en particulier ? C'est parce qu'il a décidé de pousser sa démarche jusqu'au bout. Pour lui, il était nécessaire d'expliquer son refus. Il a donc écrit une lettre ouverte au gouvernement et pour être sûr que cette dernière ne se perde pas sur un bureau, il l'a adressé au Palais de l'Elysée sans la timbrer. Sa lettre fait également le tour de la toile et la presse multiplie les articles qui s'affichent sur le blog de l'enseignant dont l'audience grimpe.
Et ça, on s'en doute, ca n'a pas fait plaisir à l'Elysée puisqu'il reçoit une convocation à l'inspection académique. Et face à ce type de lettres qui se multiplient sur le bureau de l'Elysée, les sanctions deviennent plus importantes. En plus de sa convocation, c'est 36 jours de salaire en moins qui seront enlevés de ses fiches de paie. Mais ces mesures "d'avertissement" ne semblent pas décourager Bastien Cazals qui déclare à l'Humanité : "Ils veulent faire un exemple pour stopper cette dynamique qui les gêne, mais ça ne marchera pas. Au contraire, cette réaction me conforte dans ma démarche." La preuve, c'est la sortie de son livre intitulé "Je suis prof et je désobéis".
Bastien Cazals, ou comment faire taire les profs pour mieux faire passer les réformes
Aujourd'hui la situation va encore plus loin puisqu'il est interdit d'expression publique et donc plus précisément de communiquer avec la presse. L'inspecteur académique qui lui a fait part de cette interdiction explique que c'est le droit de réserve qui doit être respecté. "Quand un chef d'établissement est intérrogé par la presse l'usage veut qu'il demande l'autorisation. M. Cazals est libre de s'exprimer librement en tant que personne, mais comme directeur d'école il représente l'institution" Et l'inspecteur académique M. Guiot indique que si Bastin Cazals n'entend pas raison, il en tirera "toutes les conclusions"....
Et en réponse Bastien Cazals dénonce "une manifestation d'autoritarisme scandaleux", "une atteinte à la liberté d'opinion" et "un retrécissement des libertés individuelles". Il réplique que "la liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires" par la loi et que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions."
Soutenu ?
On peut dire que cet enseignant bénéficie du soutien d'une partie de l'opinion. Il est soutenu par ses collègues qui eux aussi n'appliquent plus l'aide personnalisée mais aussi par certains parents d'élèves qui semblent très bien comprendre et même approuver. Une pétition autour de l'enseignant a même réuni 130 signatures. Et le soutien passe naturellement aussi par le blog où de nombreux personnes déposent des messages d'encouragement.
Le bémol viendrait-il de la répons de l'Elysée à son courrier. Celle-ci est quelque peu convenue. Bastien Cazals explique : "Ils m'ont dit avoir pris connaissance 'avec intérêt' de mes attentes et réflexions".
En tout cas, les professeurs désobéisseurs les plus populaires devraient se retrouver le tribunal administratif de Montpellier. Finalememnt ce n'est ni plus ni moins que l'identité professionnelle des enseignants sur laquelle tout le monde semble hésiter...
Droit à la libre expression ou devoir de réserve, comment tranchez-vous?
23:17 Publié dans Histoire de l'école, Médias, Pédagogie, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bastien cazals, reforme, politique
04.06.2009
Internet et examens : compatibles ?
Le Danemark fait parler de lui ces derniers temps par une mesure qu'il adopte à l'heure où les épreuves du bac approchent. Il propose d'autoriser l'utilisation d'Internet pendant les examens de la même façon que pour certaines épreuves, certains ouvrages sont autorisés.
Quelles sont les raisons de cette décision ?
Il semblerait que le Danemark veuille actualiser la façon dont on passe l'examen du bac. Il estime que puisque pour les devoirs à la maison, les élèves utilisent cet outil au même titre qu'un autre, qu'il est logique qu'il soit également à leur disposition au moment de rendre le devoir le plus important de l'année. Et pour ne pas perdre en cours de route cette idée, le gouvernement va tester, dès cette année, internet pendant les examens. Si le test s'avère concluant, il sera généralisé dès 2011.
Quoi qu'il en soit cette mesure montre qu'on fait de plus en plus attention à ce que l'on fait d'une information, d'une connaissance de base. Ce qui semble de plus en plus compter c'est donc le savoir-faire, la capacité de réflexion et l'utilisation de l'information.
A noter que si cela est possible, c'est sans doute que le Danemark a des établissements mieux équipés que les établissements français...
Un nouveau moyen de tricher ?
Une des particularités d'Internet est de pouvoir mettre en relation des personnes. Ce sera ici aux enseignants de surveiller que pendant les examens personne ne triche que se soit avec des petits papiers ou par messagerie instantanée ou email... De plus pour prévenir tout copier coller, l'historique des sites consultés sera disponible pour le correcteur. Est-ce que cette surveillance sera suffisante pour avoir les avantages sans les inconvénients ?
Finalement intégrer internet comme outil pendant les examens équivaut sans doute à l'effet provoqué par l'utilisation autorisée de la calculette.
Une Europe qui met les TICE au cœur de l'éducation
Les annonces surprenantes concernant internet et l'éducation se multiplient ces derniers temps et dessinent une ligne de conduite pour les pays européens. On a ainsi eu l'Angleterre qui intègre facebook au programme scolaire et maintenant le Danemark qui autorise l'usage du web pendant les examens. Et tout l'intérêt de ces mesures est d'avoir un apprentissage qui est au plus proche de la réalité professionnelle à laquelle les élèves vont peu à peu être confrontés en plus du fait que les nouvelles technologies étant proches des élèves, permettent d'apporter un côté plus ludique et sans doute d'avoir des élèves qui s'investissent beaucoup plus...
Et si la mesure était proposée en France ?
23:00 Publié dans Histoire de l'école, Pédagogie, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : internet, bac, examen, danemark, tice
23.05.2009
Du tableau noir au TBI...
Le tableau a toujours été l'élément central de la classe. C'est là où professeur et élèves se rencontrent autour d'une transmission des connaissances. Ces dernières années avec les progrès technologiques et l'apparition des TICE dans l'enseignement, le tableau noir a évolué. Retour sur cette évolution et présentation du tableau blanc interactif dît TBI.
Le tableau noir est présent depuis le début du 20ème siècle dans les salles de classe. Outil indispensable, le tableau noir est néanmoins d'une utilisation limitée pour le professeur qui ne peut qu'inscrire des éléments sur un tableau où la projection d'images est impossible.
Pour pallier à ce problème, l'imprimerie va peut à peut permettre de réaliser des cartes en relief ou pas pour les cours par exemple de géographie. Mais de telles cartes ou images sont coûteuses et ne permettent de pas de prendre en compte les évolutions d'autant plus qu'elles sont encombrantes.
L'évolution du tableau noir a transformé cet outil de base en tableau blanc. Si au départ, cela permet effectivement de dégager moins de poussière, d'être plus propre, il a également l'avantage de pouvoir prendre en compte les progrès de l'optique. C'est en quelque sorte l'ancêtre du TBI.
De la simple projection d'image au TBI
Des nouvelles machines apparaissent dans les salles de classe permettant de visionner des diapositives. On peut les visionner sur tous espaces blancs dont les tableaux blancs. Le nombre d'images qu'il est possible de visionner est démultiplier et à l'avantage des cartes ou autres images que l'on accroche sur les crochets du tableau noir, on peut « écrire » des informations sur le tableau blanc où est projeter l'image.
Après cet appareil à diapositives, on voit apparaître dans les salles de classe des rétroprojecteurs qui sont plus facile d'utilisation pour les professeurs puisqu'ils peuvent faire des montages. Ils peuvent ainsi préparer à l'avance des textes à projeter, des images,... Mais là encore, il y a une limite : la projection est immobile. Il est donc difficile de mettre en scène des situations ou des mouvements.
La télévision va donc permettre de révolutionner l'enseignement par les images animées qu'elle permet de découvrir. Finalement, ce qui vient à manquer aux professeurs est l'interactivité et un contrôle total de ce qui est montré aux élèves puisque si les sources d'enseignements varient, elles ont chacune leurs limites. C'est l'arrivée progressive du TBI dans nos salles de classes qui est en train de changer la façon même d'enseigner en promouvant un élève actif plutôt qu'un élève passif pour apprendre de façon plus efficace.
Rendez vous dans un prochain billet pour découvrir comment fonctionne le TBI et des exemples de ce qu'il permet de faire.
14:08 Publié dans Histoire de l'école, Pédagogie, Technologie interactive | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tableau noir, tableau blanc interactif, tbi
24.10.2008
Le brevet et le bac intégrent des compétences TIC
Dès février 2005, jean-Michel Bérard alors Inspecteur Général de l'éducation Nationale indique que les nouvelles technologies de l'information et de la communication ont pris une place importante au travail et qu'en conséquence ll faut lui permettre de prendre rapidement leur place dans l'enseignement pour préparer le futur. Cette place prend la forme d'une épreuve sur le TIC qui est aujourd'hui intégrée dans le Brevet des Collèges sous le nom de B2i.
On parle des TIC dans l'Education dès 1970...
Si aujourd'hui, les nouvelles technologies sont de plus en plus intégrées à l'enseignement, la France est aujourd'hui en retard comparée aux autres pays d'Europe. Pourtant, dès 1970, un colloque s'est penché sur la question et a évoqué le fait que les nouvelles technologies prendraient une part dans l'aide l'enseignement en devenant un outil en plus d'être une science. C'est dans ce contexte que le B2i a vu le jour avec pour objectif que 80 % des élèves aient en 2010 un diplôme assurant de leurs connaissances en TIC. Sa création date des années 2000. L'objectif principal de ce diplôme était que l'inégalité sociale ne s'étende pas à l'accès à ces nouvelles technologies et à l'ordinateur. En effet, il faut se souvenir qu'au départ s'équiper d'un ordinateur et d'une connexion Internet relève d'un véritable poste de dépense dans un foyer.
Programme et examen de cette nouvelle matière.
L'enseignement fourni pour cette matière doit permettre à l'élève d'avoir un oeil critique sur l'information délivrée par les TIC mais aussi de comprendre le fonctionnement des nouvelles technologies mais aussi l'utilisation de l'ordinateur de façon générale et d'en apprécier les opportunités comme comprendre ses limites. On n'apprend donc pas que de l 'executif !
L'examen n'en n'est pas réellement un. L'élève n'est pas placé devant une feuille ou un ordinateur pour prouver ses connaissances. Il s'agit plutôt d'un suivi de l'élève qui signale aux professeurs les compétences qu'il pense avoir acquise au fur et à mesure de son passage dans les établissements scolaires. Ainsi par exemple, si il a des contacts par messagerie avec un correspondant étranger, il pourra demander à son professeur de lui valider l'utilisation de la messagerie.
Et aujourd'hui, où on est-on ?
Depuis sa création en 2000, ce brevet s'est étendu au collège, au lycée mais également à l'université où une épreuve en tant que telle est prévue pour prouver ses compétences en TIC. Cette épreuve permet d'obtenir un certificat Informatique et Internet. Aujourd'hui le dispositif a également pris en compte les professeurs qui ont ainsi dans leur programme à l'IUFM un enseignement sur les TIC et la façon de les utiliser au mieux comme outil pédagogique.
Les résultats générés par cette mesure sont le plus souvent mesurables lors d'enquête. Aujourd'hui la plupart des élèves de primaire vont au collège avec le b2i validé à 50 %. De plus, ce certificat a poussé les écoles à s'équiper. C'est donc une première implusion positive qui a été notée
10:42 Publié dans Histoire de l'école, Pédagogie, Politique, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pédagogie, tic, élève, péreuve, brevet, enseignement, professeur
22.09.2008
De la 2e moitié du 20e siècle à nos jours : qu'avons nous fait de l'Education ?
Dans ce dernier épisode, l'Ecole est gérée par l'Etat dans un ensemble appellé "l'Education Nationale" qui doit faire face à une forte demande suite notamment au baby-boom qui envoie près de 6 millions d'enfants dans les écoles. C'est donc dans cette dernière moitié de siècle que l'Education en terme d'organisation prend de l'ampleur et devient pour ainsi dire une véritable entreprise.
Une nouvelle organisation de l'Ecole : une petite révolution dans le langage
Entre 1959 et 1975, on voit apparaître peu à peu le système scolaire tel que nous l'entendons. Cela est rendu possible notamment par l'école obligatoire jusqu'à 16 ans. On voit également se mettre en place les environnements du primaire et du collège avec des classes bien déterminées. De même des niveaux scolaires se mettent en place en fonction de l'âge de l'enfant. Ainsi, le collège qui sous son ancien terme regroupait l'ensemble de la scolarité disparaît et représente alors que la deuxième partie de l'enseignement obligatoire. Le mot lycée change également de sens : alors qu'il représentait ce que nous appelons collège, il devient synonyme des études menées après le collège d'aujourd'hui et jusqu'au bac. Une petite révolution est en marche...
En créant plusieurs niveaux selon l'âge des élèves, une répartition différente en termes de volumes horaires va être opérée notamment pour le primaire. En effet, puisque le primaire ne représente plus l'école où on doit tout apprendre, les horaires sont allégés grâce à une meilleure répartition des connaissances tout au long de la scolarité de l'élève.
Aujourd'hui de nouvelles étapes de la scolarité se sont encore ajoutés à ce premier tableau avec les universités, les grandes écoles d'ingénieur, de commerce, les diplômes d'après le bac...
La mixité, conséquence de l'évolution de la société
Avec l'industrialisation, on voit venir de nombreux français dans les villes au détriment de la campagne. Du coup, les effectifs évoluent et à la campagne, le nombre d'élève est souvent insuffisant pour créer à la fois une classe pour les garçons et une classe pour les filles, d'où une mise en place de la mixité et d'une préfèrence à des classes avec le même niveau plutôt que des classes multi-niveaux mais de même sexe.
Aujourd'hui cette mixité semble avoir totalement gagné sa place. Il serait pour beaucoup impensable d'un retour en arrière, d'une séparation entre filles et garçons. Le nouveau challenge de la mixité s'est déplacé : il s'agit plus d'un melting pot des cultures et des conditions sociales que d'une simple histoire de distinction homme/femme.
La fin du conflit entre l'Eglise et l'Etat
Dès la seconde moitié du siècle, la République est si présente et évidente pour tous, que l'Etat n'a plus besoin de convaincre que c'est lui et non l'Eglise qui doit s'occuper de l'Education. Du coup, les Eglises retrouvent une plus grande liberté et peuvent à nouveau ouvrir des écoles. Pour le gouvernement, il s'agit de proposer un choix aux parents, de proposer la liberté dans le choix de l'enseignement.
Pour encadrer ces nouvelles écoles, on crée le contrat d'association et le contrat simple qui permet aux écoles privées de laisser à l'Etat de nombreuses charges. En échange, ils doivent juste respecter le programme scolaire du gouvernement.
En plus de ces écoles mises en place par les religieux, se sont peu à peu des écoles privés laiques qui se sont également mises en place notamment pour toutes les études possibles d'effectuer après le baccalauréat.
Quelle sera la prochaine évolution majeure de l'école ?
Le visage de l'Ecole pourrait bien changer d'ici les prochaines années avec l'insertion des NTIC comme outil de travail. C'est une nouvelle dimension de la communication entre le professeur et son élève qui s'établit peu à peu ainsi qu"une nouvelle façon de travail au plus près des besoins de chacun.
Cette saga sur l'histoire de l'école arrive à son terme. N'hésitez pas à ajouter des compléments !
10:52 Publié dans Histoire de l'école | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 20e siècle, éducation nationale, école, élève, professeur, enseignement, église
15.09.2008
Le début du 20e siècle et l'Education : en marche vers la laicité
Le 20e siècle a été marqué par les deux guerres mondiales mais pas seulement. Un véritable combat a été engagé par Jules Ferry pour une Ecole Laique et de meilleure qualité. Voici les épisodes qui ont conduit à l'Ecole d'aujourd'hui.
Un quart de siècle de combat pour proposer à tous une Ecole laique
Les Républicains vont tout faire pour que l'Ecole Religieuse disparaisse au profit d'une Ecole Laique. Pour cela, les religieux sont peu à peu évincés de l'Education par les lois et remplacer par des professeurs laics. Des écoles à l'attention des professeurs s'ouvrent également pour former les futurs enseignants. Pour pouvoir contrôler l'éducation faite par les religieux, ces derniers doivent déclarer toute nouvelle école et demander une autorisation pour pouvoir l'ouvrir. C'est un tournant fort dans l'Histoire de l'Education puisqu'à partir de cette date, les écoles religieuses deviendront bien moins nombreuses que les écoles laiques.
Pour continuer à améliorer l'Ecole, c'est également le budget de l'enseignement qui est multiplié par 6 pour construire école, cour de récréation, offrir aux plus pauvres le matériel scolaire. De plus l'école rendue obligatoire de 6 à 13 ans permet de passer de 55 % (en 1830) d'illettrisme à seulement 5 % (en 1910)... un reccord !
L'entre-guerre, une période où le système scolaire se crée véritablement
On note de nombreuses avancées : un emploi du temps journalier est crée en fonction de l'attention plus au moins forte que les élèves peuvent fournir aux différents moments de la journée. Par exemple, on commencera avec une leçon de morale et on finira la journée des activités manuelles ou sportives.
C'est également le moment où la pédagogie est remise en cause : on passe alors d'un sujet qui est toujours plus approfondie d'année en année à une évolution progressive du sujet en question pour favoriser la curiosité et l'attention. on suggère également de faire appel à des méthodes actives pour faire participer l'élève et le motiver.
Un débat sur l'école unique est également mené pour tenter d'étendre la gratuité de l'école au secondaire mais suite à de forts débats, aucun système n'arrive à se détacher et à mettre tout le monde d'accord.
Du front populaire à la 4e République : la marche pour un enseignement professonnelle efficace
Pour résoudre dans un premier temps, le problème de la gratuité d'un secondaire, le Front Populaire propose d'ouvrir une nouvelle classe dans le primaire pour permettre à un maximum de personnes d'avoir des connaissances plus larges.. De nouvelles idées apparaissent : la classe verte, et l'enseignement technique pour apprendre un métier qui sera suivie par 4% des élèves.
Le gouvernement de Vichy mettra sur la touche de nombreux instituteurs en les accusant d'avoir influencé les élèves. De plus le secondaire va être intégré au primaire ce qui va permettre une meilleure mixité en plus d'être sûr ques les plus âgés ne seront pas soumis à influence. Il mettra également en place un enseignement technique de masse, ancêtres des lycées professionnels.
La IVe République, après la guerre cherchera à réformer l'école pour faire face aux nouveaux besoins : on voit apparaître les études longues, de nouvelles méthodes de pédadogie, des écoles privés,... Il s'agit de trouver la bonne voie pour l'école de demain.*
Rendez-vous pour le dernier épisode de la saga...
10:29 Publié dans Histoire de l'école | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire de l'école, 20e siècle, école, professeur, enseignant, élève, guerre
08.09.2008
Le 19e siècle dessine le visage de l'école
Le 19e siècle voit se dessiner l'école telle que nous la connaissons aujourd'hui mais les difficultés sont nombreuses. le 18e siècle a permis d'apporter à la vue de tous le problème de l'école, le 19e siècle essaie de le résoudre et de créer un modèle efficace.
La Révolution Française et l'école
Les révolutionnaires sont d'accord sur l'importance de l'école mais souhaitent réformer le système actuel où l'Eglise tient une part importante dans l'éducation puisque se sont souvent des religieux qui font l'école. Malgré leur désir de ne pas perturber le système éducatif en place, la confiscation des biens des religieux et la persécution souvent menée à leur encontre va faire chuter le taux d'alphabétisation de près de 20 % et ne laisser que l'apparence aux écoles. Les révolutionnaires proposeront des plans pour l'éducation mais qui seront écartés soit pour des questions d'idéologie soit pour des questions de budget. Avec la Terreur, enseigner devient de plus en difficile et aucune solution n'est trouvé à ce sujet prioritaire.
De Thermidor au consulat, une application de l'école difficile
Des plans pour l'Ecole complets sont proposés dès novembre 1794 mais faute de moyens l'Etat marque son recul par rapport à l'enseignement. Ainsi, si au départ une école par commune de 1000 habitants était prévue, elle ne sera assurée que par canton; De même, elle passe de l'état de gratuit, obligatoire à un enseignement très basique et non obligatoire. L'organisation générale n'est plus assurée par l'Etat mais par les communes. Enfin, la possibilité des écoles privés n'est pas fermé. Ces dernières vont alors s'ouvrir rapidement et sont souvent dirigées par l'Eglise. Les profils des enseignants se diversifient et l'écart entre le privé et le public se creuse notamment en termes de salaire, formation, moyens,.... On voit également apparaître des pensionnats payants. La mise en place du plan se révèlera donc inefficace et la population preferera largement le privé au public.
L'Empire dans un pied sur l'autre...
Sous l'Empire, l'école n'est pas le sujet de prédilection. On est plutôt occupé par les guerres et trouver l'argent nécessaire pour les faire. Du coup, il y a peu d'amélioration pour l'école sur cette période et les quelques fois où le sujet est abordé, il tournera autour de l'éducation de l'élite et non du peuple. Les paies sont supprimées pour les professeurs qui ne touchent que ce que les familles d'élèves leur donnent. Le privé continue donc à prendre de l'importance mais il ne peut satisfaire tous les besoins.
En 1816, le discours change et une ordonnance prévoit que tous doivent recevoir une éducation de base. De plus, des dispositions comme le logement gratuit sont prévus pour les professeurs. L'école publique reprend donc peu à peu du poil de la bête même si elle est encore du ressort des communes et la loi semble donc efficace avec des inspecteurs de l'école qui assure que celle ci dispense le bon enseignement. A la Restauration, suivant le parti qui domine à la Chambre, les écoles privés verront tout à tour leur liberté restreinte ou rendue. 1827 est un tournant avec l'arrivée au pouvoir des libéraux qui vont installer des écoles normales.
La monarchie constitutionnelle à la fin du Second Empire et l'école :
Pour éviter qu'on endoctrine la jeunesse, on ne respecte pas la liberté d'enseignement. L'éducation primaire, de son côté, s'installe peu à peu. Le 28 juin 1833, c'est une avancée forte pour l'école qui est votée avec la loi Guizot qui donnera à l'enseignement le nom d' "Ecole Publique", qui autorise à nouveau la liberté d'enseignement et qui met en place une vrai organisation de l'école. Désormais, il y a l'école élementaire et supérieure, une école gratuite pour les plus pauvres, un droit des familles sur l'enseignement religieux. La condition des instituteurs est précisée et améliorée ainsi que le rôle des communes. De même, l'autorité de l'Etat sur les enseignants est instaurée. la guerre entre les écoles privées et publiques se poursuit en fonction des partis au pouvoir. On appellera la Seconde République, celle des enseignants.
La Troisième République et Jules Ferry
La distinction entre école publique et privée tient à son financement. Ainsi de nombreux religieux enseignent également dans les écoles publiques faute d'enseignants laiques. L'école va être alors utilisée comme un véritable outil politique pour permettre à la Troisième République de rester en place et l'homme qui instrumentalise l'Ecole est Jules Ferry. Il va instaurer une école laique, former des professeurs républicains qui vont enseigner notamment la politique. On voit également apparaître le brevet de capacité pour enseigner, la création d'écoles pour les filles, la gratuitié de l'école primaire, l'école obligatoire jusqu'à 16 ans. Le programme est très efficace, et le taux d'alphabetisation s'envole.
L'école est donc installée au 19e siècle. Pour découvrir ce que le 20e siècle va la faire devenir, rendez-vosu au prochain épisode...
10:45 Publié dans Histoire de l'école | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire de l'école, enseignants, élèves, révolution
01.09.2008
Le siècle des lumières et l'école : l'histoire d'un débat mouvementé !
Le Siècle des Lumières ! En lisant ce billet, vous attendrez sans doute beaucoup de lui dans l'avancée pour l'éducation. Mais voilà, le Siècle des Lumières réserve bien des surprises et est fidèle à lui en instaurant un débat pour savoir si l'école est utile ou pas, s'il faut la prescrire ou la proscrire ! Si une chose est comprise, c'est que l'accès à la lecture, à l'écriture et à la connaissance de façon générale bouleverse le monde connu et ouvre de nouvelles perspectives !
Les philosophes des lumières pensent l'école inutile !
On aurait comme a priori que les philosophes ont oeuvré pour l'école, qu'ils en ont montré la nécessité, les bienfaits qu'elle pourrait apporter... Et bien contre toute attente, ils sont plutôt opposés à cette école pour tous par peur de l'effet de mode qu'elle pourrait suciter et ce en défaveur du travail manuel. La peur de voir les campagnes se vider et plus personne pour travailler aux champs, pousse les philosophes à être contre une école pour tous. L'école est accusée d'enlever des bras de paysan et surtout de pouvoir soulever le peuple contre ses dirigeants dans le cas d'une connaissance égale pour tous. C'est également pour cette dernière raison que les élites rejoignent les philosophes dans cette idée que l'école pour tous serait bien loin de servir les intérêts de tous. Pour tenter d'enrayer les tentatives d'école gratuite à destination du peuple, des subventions sont coupées aux religieux enseignant aux plus pauvres. C'est en quelque sorte, d'intérêt publique !
Mais qui est pour alors ?
L'Eglise est pour une école pour tous mais ce dans un but précis : donner les moyens aux paysans de continuer à avoir la foi en sachant résister aux hérésies. Autre intérêt, leur permettre de faire leur métier en connaissance de cause des documents qu'ils peuvent être amener à signer, et surtout de continuer à exercer leurs métiers face à des gens peu scrupuleux qui fabriquent des faux avec la fameuse croix qui fait office de signature pour les personnes ne sachant pas écrire. Si l'Eglise est pour l'école, elle n'enseigne donc que ce qui permet d'exercer son métier le mieux possible, de résoudre les problèmes du quotidien et n'aborde pas du tout des connaissances qui permettraient de comprendre le fonctionnement du pays. C'est donc volontairement que l 'enseignement est limité. Il s'agit d'être sûr que le système ne sera pas perturbé.
Les physiocrates, premiers économistes à apparaître aux alentours de 1758 après la publication de documents économique, sont également pour une école pour tous qu'ils jugent indispensable. Dans leurs pensées, ils vont beaucoup plus loin que le clergé puisqu'ils estiment que l'école est le seul moyen de s'assurer que les gens du peuple sauront gérer leurs affaires le mieux possible et assurer ainsi au pays, richesse et prosperité. De plus, pour les physiocrates, l'école est un moyen d'apporter la richesse aux gens habitant en zone rurale qui leur manque et qui les fait migrer vers les cités.
Les physiocrates ont une vision de l'école qui est proche de celle d'aujourd'hui. L'école doit pour eux permettre de développer des sentiments civiques et nationaux et ont donc une vision laique de l'école.
Le gagnant est ...
Au fur et à mesure que les années passent, l'idée s'installe que l'éducation selon la façon dont elle est faîte peut servir ou desservir le pouvoir en place. Jacques Turgot, ministre en 1774, va dans cette idée proposer un "conseil de l'éducation nationale" et propose de généraliser l'éducation. Cette maîtrise de l'éducation passera alors par les ouvrages, les maîtres imposés aux communes... Sur cette même conviction, Louis Philipon de al Madelaine publie en 1786 un ouvrage où il affirme qu'il est imperatif que l'école soit dirigée par l'Etat et non pas par le Clergé car l'influence qu'exerce l'école sur les esprits peut déterminer le cours de l'Histoire.
Prochain arrêt : le 19e siècle...
10:20 Publié dans Histoire de l'école | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire de l'école, étudiant, élève, professeur, enseigner, pour l'école, contre l'école
25.08.2008
Quelle école avant le 17e siècle : la saga de l'école, épisode 1
C'est bientôt la rentrée et les écoliers de tous âges vont donc retrouver le chemin de l'école, cartables, cahiers et crayons pour une nouvelle année de découverte. A l'occasion de la rentrée, je vous propose une petite saga sur l'histoire de l'école du 17ème siècle à nos jours. Un nouvel épisode sera à découvrir chaque semaine. Alors qu'en est t-il de l'école avant le 17e siècle ?
Le début du changement des mentalités
Pendant longtemps, donner au peuple le savoir de la lecture et de l'écriture a été considéré comme dangereux. L'éducation est donc affaire de riches, affaire d'Etat. Le débat commence cependant à se faire plus ouvert et l'accès à la lecture commence ainsi à se justifier pour les plus pauvres par le biais de la religion. L'accès à l'école permet ainsi à tous de lire la Bible qui commence à être traduite du latin sous l'action du protestantisme. De même les multiples progrès dans les domaines de l'imprimerie permettent également de commencer à rendre accessible les livres, supports éducatifs. même si les esprits commencent à s'ouvrir sur ce sujet, on observe deus types d'écoles : l'école des pauvres où les enseignants sont le clergé et l'école des riches qui est école d'Etat.
L'école des pauvres
L'Eglise constitue l'école pour les pauvres. En effet, à partir de 1600, de plus en plus de congrégations comportent des enseignants qui partent faire cours dans les différentes paroisses. C'est également à ce moment, qu'on voit apparaître les premiers manuels. C'est à la fin du 17ème siècle, début 18ème qu'on voit apparaître les prémices de ce qu'est l'école d'aujourd'hui. Deux personnages majeures ont marqué l'histoire de la construction de l'éducation : Charles Démia (1637-1689) et Jean-Baptiste La Salle (1651-1719) qui vont donner à l'éducation une véritable organisation et proposer une première pédagogie. Parmi les principales actions de Charles Démia on peut notamment citer son effort pour construire un véritable réseau d'école avec dès 1671, la création du premier Bureau des Ecoles. Si l'Ecole apparaît alors comme un moyen d'évangelisation, elle est surtout un moyen d'assurer une éducation aux plus pauvres qui permettra par la suite de trouver des employés fiables. Eh oui ! On y pense déjà ! Et c'est de là que vient l'idée de l'école laïque qui s'affirmera en tant que tel dès le siècle suivant.
L'école des riches
Le cardinal Richelieu souhaite de son côté que l'école ne soit pas du ressort du Clergé mais que le Roi en prenne la responsabilité. De cette conviction naîtra plus tard l'idée de l'Ecole Nationale. Cependant, Richelieu souhaite limiter l'accès à l'éducation aux plus riches et ne pas éduquer les masses. Il a peur de ce que la connaissance pourrait apporter au peuple et craint de voir les français ne plus vouloir être agriculteur.
Etant donné que cette idée de n'éduquer les puissants ne semble plus possible face à un peuple qui a soif de connaissance, Richelieu décide alors de renforcer l'éducation des plus riches et donne à la Sorbonne de nouveaux bâtiments pour former grâceà un enseignement supérieur les futurs dirigeants. C'est également dans cette idée qu'on lui doit la création de l'Académie Française en 1635 et l'Imprimerie Nationale en 1640 qui servira à éditer les manuels.
L'histoire de l'Education est donc bel et bien en route et continuera de s'affirmer au cours du 19ème siècle. La suite dans le prochain épisode la semaine prochaine.
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