30.08.2009

Quelle légitimité pour Luc Chatel, nouveau ministre de l'Education Nationale ?

Qui dit rentrée, dit Education Nationale. Il est donc grand temps d'aborder un sujet pas encore évoqué sur le blog : la nomination de Luc Chatel au poste de Ministre de l'Education Nationale. Bonne ou mauvaise chose ? Pourquoi avoir changé de ministre ? Est-il légitime ? C'est à toutes ces questions que je vais essayer d'apporter des premiers éléments de réponse.

Réactions autour de la nomination de Luc Chatel

lucchatel.jpgQui est Luc Chatel ? Sans doute la première question qui s'impose ! Depuis la fin du mois de juin 2009, il occupe le devant de la scène politique en étant ministre. Et le fait que sa nomination concerne l'Education Nationale n'est pas forcément évidente lorsqu'on regarde son parcours. Après des études de marketing et un poste chez l'Oréal, il s'oriente vers les ressources humaines tout en menant en parallèle une vie politique. Il n'a donc à priori aucune compétence particulière en ce qui concerne l'Education Nationale. Frederique Rolet, le secrétaire générale du syndicat SNES-FSU parle de Luc Chatel comme d'un "politique zélé, proche du président de la République, une personnalité très marquée du côté libéral".

Et pourquoi changer le ministre à l'approche des grandes vacances ? Sans doute parce que le dialogue était de plus en plus difficile avec l'ancien ministre qui avait le poste. On a donc proposé à Xavier Darcos un nouveau poste, celui du Ministre du Travail. L'espoir de pouvoir de renouer le dialogue avec l'arrivée de ce nouveau ministre est donc important même si la situation dans laquelle il va devoir évoluer le minsitre n'est pas facile. En effet, Xavier Darcos laisse de nombreux problèmes non réglés lors de son départ. On retiendra surtout la suppresion des 16 000 postes pour la rentrée 2010.

Ce qui est certain c'est qu'entre les problèmes non résolus laissés par Xavier Darcos, et l'actualité de la rentrée avec la grippe A, le nouveau ministre n'a pas le temps de s'ennuyer. Surtout qu'il est également le porte-parole du gouvernement et qu'il doit donc consacrer du temps à ces deux missions. Le nouveau ministre de l'éducation pourrait donc être un ministre de l'Education à temps partiel au moment même où les problèmes s'accumulent.

Premier bilan de l'action de Luc Chatel

- Il a donné son point de vue sur les désobéisseurs en indiquant que les programes sont faits pour le plus grand nombre et qu'en tant que salariés de l'Education Nationale le comportement des désobéisseurs n'est pas compatible avec l'Education Nationale et que les procédures en justice doivent donc être suivies.
- La réforme de l'enseignement est ouverte à la discussion mais tout est fait dans le but d'améliorer les conditions de travail des enseignants. Des échanges sur ce projet sont prévues en septembre avec les syndicats.
- Les suppresions de poste ne devraient pas être annulés et que le taux d'encadrement des élèves par les enseignants ne changera pas à la rentrée malgré ces suppresions de postes. Il précise également que ces suppressions de poste ne sont pas une surprise puisqu'ils font parti de la politque annoncée par le gouvernement.
- Concernant la grippe A, un manque de dialogue semble avoir déjà été engagé car rien n'a été précisé aux enseignants sur la façon dont eux-mêmes aller être protégés du virus alors que la rentrée est là. Autant pour les enfants un véritable programme a été mis en place (voir l'article sur la grippe A) autant le personnel enseignant n'a pas reçu de consignes précises sur la façon dont eux-mêmes doivent se protéger.

 



Ce qu'on peut donc dire c'est que si au niveau de son parcours, ce n'est pas la personne la plus légitime à ce poste, il a été choisi pour ces qualités de négociateur et sa facilité à faire naître le dialogue. L'avenir nous dira donc si ce choix est  judicieux d'autant plus que l'été lui a laissé le temps de découvrir les différents dossiers à disposition sur son bureau.

 

29.08.2009

Google Rachète la Bibliothèque Nationale de France


BNF Bibliothèque François Mitterand 75013 PARISje me suis peut-être un peu emballé dans le titre : il faut dire que les réactions suite à l'annonce de la BNF laissent présager du pire. Pourtant Google n'est pas sur le point de racheter la Vielle Dame mais de conclure avec elle un accord historique : Google numériserait grâcieusement certains fonds (ou la totalité?) de la BNF en échange de l'exlusivité de l'indexation et leur mise à disposition sur Internet, ou quelque chose comme ça.

Beaucoup de voix s'expriment à cette perpective : l'émotion suscitée est grande, des craintes et appréhensions de toutes sortes remontent à la surface. Lisez par exemple le billet d'Alain-Gérard Slama sur http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2009/08/29/01006-...-.php et celui d'Erwan Cario sur http://www.liberation.fr/culture/0101586181-google-bnf-le...

M'est d'avis que ces peurs ont quelque chose d'irrationel, voire d'idéologique. Si vous comparez les avantages et les dangers que représente un tel accord, vous remarquerez peut-être comme moi que la balance penche en sa faveur.

Evidemment, l'idéal serait qu'un tel projet puisse être financé, voire s'autofinancer, sans l'intervention d'intérêts privés, de façon à être sûr de préserver l'intégrité culturelle et scientifique de la diffusion de notre patrimoine. Le problème, c'est que c'est trop cher, et peut-être même impossible !

Un projet, si "pur" soit-il, qui ne voit pas le jour, n'a que peu d'intérêt.

Laissez-moi vous donner quelques arguments. D'abord, répondez franchement :

Si vous souhaitez obtenir une vue du ciel de votre (future) maison, des lieux de vos prochaines excursions, que consultez-vous ? le site de l'IGN -Géoportail- ou Google Maps/Earth ?

Si votre destination n'est pas la France, la réponse est claire. Sinon, il y a fort à parier que vous optiez pour les outils Google, même si les photos sont un peu moins précises. L'ergonomie est tout simplement impécable : rapide, facile à utiliser, fluide, disponible ... J'ajoute que cela ne vous a rien couté, vos impôts n'ont pas servi à le mettre ce  service en place.

Autre exemple : à l'initiative de Jacques Chirac, alors Président de la République, un projet franco-allemand a vu le jour pour créer un moteur de recherche Internet, public, capable de rivaliser avec ceux venus des Etats-Unis. Quatre ans plus tard, connaissez-vous son nom ? L'avez-vous déjà utilisé ? Savez-vous que l'argent public englouti à ce jour se monte à plusieurs dizaines de millions d'euros ? Voici une remarque qui résume bien le propos (sur >TechCrunch France):

Note d’Ouriel: je ne cache pas mon scepticisme aigue à l’égard de projets financés par les gouvernements et dirigés par des poids à l’inertie d’un 36 tonnes. [...]. C’est de l’argent jeté par la fenêtre. On ne concurrence par Google à coup de millions mais à coup de travail acharné, de créativité, de rage de gagner. Tout ce qui peut être anesthésié par 165 millions dollars quoi…Au lieu de favoriser la création de startups dynamiques et financer 30 projets à hauteur de 5 millions de dollars chacune voire plus, les gouvernements ont la naiveté de croire qu’injecter une telle somme et la confier à des mastodontes comme Siemens ou Thomson permettra de renverser des habitudes d’usages ancrées chez des centaines de millions d’utilisateurs et une société dont la capitalisation est supérieur à 160 milliards de dollars et qui investit plusieurs milliards par an en R&D? Et puis on ne créée pas quelque chose pour contrer une société, on créée une solution par passion, par envie de changer le monde, par besoin. De l’autre côté de l’Atlantique des centaines de startups essaient de manière acharné de bâtir la prochaine génération de moteurs de recherches. >>TechCrunch France

 

Ce n'est pas la première fois que la France se trouve confrontée à un tel dilemne à propos de son patrimoine:

Confieriez-vous vos archives d'Etat-Civil, les traces laissées par vos ancêtres, la mémoire de vos origines, à une organisation religieuse (certains diront sectaire) qui plus est étrangère ? Horresco Referens ! La perpective fait frémir ! On est tenté de dire non tout de suite sans réfléchir ... ne vous en donnez pas la peine, l'accord a depuis longtemps été donné!

Sciences et Avenir, août 1998, par F.M.

[Extrait]

Les croyances des mormons les poussent à recenser tous leurs ancêtres pour qu'ils puissent eux aussi être sauvés. Leurs énormes moyens financiers et humains sont utilisés dans une oeuvre de collecte la plus complète possible des états civils mondiaux.

En France un accord fut passé dès 1950, tandis que près de leur capitale, Salt Lake City dans l'Utah, les mormons commençaient à construire un formidable entrepôt souterrain, six tunnels destinés à conserver la mémoire de l'humanité. En 1980, la France envoya une mission de la Commission informatique et libertés à Salt Lake City qui conclut à la poursuite du programme : aujourd'hui, les archives de 42 départements ont été entièrement microfilmées, 14 le sont partiellement et 23 sont en cours. Tous ces documents sont consultables gratuitement à la bibliothèque de Salt Lake City, et pour ceux qui le désirent, il est possible d'obtenir des copies des microfilms qui peuvent être envoyées sur demande.

Alors oui, la France aurait peut-être eu les moyens, et l'ambition, un jour, de microfilmer ses archives à des fins de conservation et de mise à disposition du public. En l'occurence, il se trouve que d'autres s'en sont chargés, à leurs (colossaux) frais, et que personne, depuis des décennies, n'a eu à s'en plaindre, bien au contraire !

 

 

Ma conclusion est qu'il faut espérer que l'accord entre Google (ou un autre) et la BNF se fasse, rapidement, et que celle-ci négocie au mieux nos intérêts, s'efforçant notamment de limiter les exclusivités, et, rêvons un peu, une commission sur les revenus générés qui participerait à son budget à l'avenir !

 

Olivier.


26.08.2009

Et si la grippe A était le moyen d'apprendre autrement ?

Une des actualités de la rentrée est sans conteste l'épidémie de grippe A qui pourrait bien nous menacer sérieusement et nous gâcher la vie. Alors face aux inquiétudes soulevées par la grippe A, le gouvernement se veut rassurant et sans trop en faire ne veut pas être accuser de ne rien faire. Alors bonne nouvelle pour tous les élèves, l'Education Nationale a tout prévu pour que ceux qui usent les bancs de l'école ne restent pas oisifs en cas de fermeture des établissements scolaires.

Avant tout de la prévoyance pour éviter de fermer les écoles !

gestes vs grippe.jpgLe gouvernent mise à tout point de vue sur la prévention et les mesures de sécurité pour faire face à la tempête que pourrait bien déclencher le virus de la grippe. Pour cela, des affiches sont distribuées dans les écoles pour rappeler les gestes essentiels pour éviter la grippe. Mais ce n'est pas tout ! Pour ceux qui seraient durs d'oreille c'est un rappel qui aurai lieu à la rentrée sous la forme d'une séquence d'information pour rappeler les bonnes habitudes à prendre. De plus, une campagne de vaccination devrait être mise en place dans le courant de l'automne pour prévenir tout danger. Oui mais voilà si toutes ces mesures de précaution ne suffisent pas, le gouvernenemt pourrait être bien obligé de fermer les établissements scolaires pour éviter que le virus ne se répande comme une trainée de poudre. Et dans ce cas que se passerait-il ? Les élèves se retrouveraient-ils en mode pause ?

 


La technologie au secours des profs !

Il est hors de question que le planning de l'Education Nationale s'aligne sur celui de la grippe alors tout a été prévu pour que les élèves puissent continuer à apprendre sans trop de gêne. Et cela pourrait bien même être amusant pour beaucoup d'élèves car la technologie vient au secours des profs et pourrait les remplacer sur cette période de contamination massive.
La télévision et la radio pourraient être réquisitionnées pour diffuser des cours. Mais c'est surtout la diffusion de modules pédagogiques qui est intéressant avec des professeurs qui n'assureraient plus qu'une permanence pour permettre aux élèves de poser leurs questions si besoin et d'apporter sur les devoirs qui ont été fait un contrôle des connaissances.

Ainsi c'est 264 heures d'enseignements qui sont prêtes à être diffusées sur France 5 et France Culture avec une répartition de 5h30 par jour sur 4 jours par semaine.
De même, 288 heures de radios se tiennent prêtes à parer à toutes les éventualités ce qui représentent 6 heures par jour sur un rythme de 4 jours par semaine.


Voici à quoi pourrait ressembler les cours de l'année à venir

 

 



Quand Internet arrive en renfort et sur tous les plans !


academieenligne.jpgL'éducation nationale mise également sur le site www.academie-en-ligne.fr, le site de ressources gratuites mise à disposition par le gouvernement. Des cours y sont proposés du CP à la Terminale en accès gratuit et pour le moment suivant les niveaux, les quelques matières proposées sont différentes.Ce n'est qu'à partir du 15 septembre que d'autres cours, à l'occasion de la rentrée, viendront enrichir les modules proposés puisqu'il ne s'agissait jusqu'à maintenant que de proposer de réviser pendant les grandes vacances, le programme suivi durant l'année scolaire.

A disposition des français se sont également 5 sites qui sont proposés sur la toile pour combattre d'une façon plus générale le virus de la grippe :
- www.pandemie-grippale.gouv.fr pour tout savoir sur l'évolution du virus et pour informer le grand public,
- www.pandemie-grippale.gouv.fr pour savoir quoi faire dans la vie de tous les jours pour prendre le minimum de risques,
- www.inpes.fr/grippeAH1N1/communication.html, le site de l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé qui propose notamment de nombreuses supports de communication sur le virus à l'attention des enfants par exemple,
- www.diplomatie.gouv.fr pour informer les étrangers de passage en France.

Ce programme sera t-il suffisant ? L'avenir nous le dira !

 

 

06.07.2009

Droit d'expression ou devoir de réserve : l'affaire Cazals

Ce n'est plus un secret pour personne... Les dernières réformes proposées par le gouvernement en matière d'éducation sont loin, voire très loin de faire l'unanimité. Comme preuve, il suffit de voir le nombre de manifestations, de grèves qui ont été menées par les professeurs. Alors face souvent à des enseignants qui ont dû mal à se faire entendre quand le dialogue se rompt, il n'y a pas d'autres choix que de trouver des méthodes plus originales, plus percutantes pour faire prendre conscience aux Français des dangers perçus par les professeurs. Retour sur les solutions trouvées par Bastien Cazals pour se faire entendre et... ses conséquences !

uneecolepourvictorhugo.gifUne affaire à rebondissements !

Des directeurs d'établissement ont refusé d'appliquer les réformes en cours. C'est un mouvement qui s'est créé autour de professeurs qui ont décidé de désobéir mais, peut-on dire, en désespoir de cause.

Et que refusent-ils d'appliquer exactement comme mesures ? Ils ne veulent pas se déclarer gréviste 48 heures à l'avance ni appliquer les nouvelles réformes de primaires. Idem pour l'aide personnalisée car celle-ci est considérée comme élément perturbateur dans l'organisation de l'école.

Regroupés sur le blog "Résistance pédagogique pour l'avenir de l'école", ils sont au total 2807 professeurs (au 3 juin 2009) répartis dans 43 départements français. Alors si autant de professeurs refusent les réformes pourquoi parle t-on de Bastien Cazals en particulier ? C'est parce qu'il a décidé de pousser sa démarche jusqu'au bout. Pour lui, il était nécessaire d'expliquer son refus. Il a donc écrit une lettre ouverte au gouvernement et pour être sûr que cette dernière ne se perde pas sur un bureau, il l'a adressé au Palais de l'Elysée sans la timbrer. Sa lettre fait également le tour de la toile et la presse multiplie les articles qui s'affichent sur le blog de l'enseignant dont l'audience grimpe.

Et ça, on s'en doute, ca n'a pas fait plaisir à l'Elysée puisqu'il reçoit une convocation à l'inspection académique. Et face à ce type de lettres qui se multiplient sur le bureau de l'Elysée, les sanctions deviennent plus importantes. En plus de sa convocation, c'est 36 jours de salaire en moins qui seront enlevés de ses fiches de paie. Mais ces mesures "d'avertissement" ne semblent pas décourager Bastien Cazals qui déclare à l'Humanité : "Ils veulent faire un exemple pour stopper cette dynamique qui les gêne, mais ça ne marchera pas. Au contraire, cette réaction me conforte dans ma démarche." La preuve, c'est la sortie de son livre intitulé "Je suis prof et je désobéis".

Bastien Cazals, ou comment faire taire les profs pour mieux faire passer les réformes

Aujourd'hui la situation va encore plus loin puisqu'il est interdit d'expression publique et donc plus précisément de communiquer avec la presse. L'inspecteur académique qui lui a fait part de cette interdiction explique que c'est le droit de réserve qui doit être respecté. "Quand un chef d'établissement  est intérrogé par la presse l'usage veut qu'il demande l'autorisation. M. Cazals est libre de s'exprimer librement en tant que personne, mais comme directeur d'école il représente l'institution" Et l'inspecteur académique M. Guiot indique que si Bastin Cazals n'entend pas raison, il en tirera "toutes les conclusions"....

Et en réponse Bastien Cazals dénonce "une manifestation d'autoritarisme scandaleux", "une atteinte à la liberté d'opinion" et "un retrécissement des libertés individuelles". Il réplique que "la liberté d'opinion est garantie aux fonctionnaires" par la loi et que "nul ne doit être inquiété pour ses opinions."

 

 

 

Soutenu ?

On peut dire que cet enseignant bénéficie du soutien d'une partie de l'opinion. Il est soutenu par ses collègues qui eux aussi n'appliquent plus l'aide personnalisée mais aussi par certains parents d'élèves qui semblent très bien comprendre et même approuver. Une pétition autour de l'enseignant a même réuni 130 signatures. Et le soutien passe naturellement aussi par le blog où de nombreux personnes déposent des messages d'encouragement.

Le bémol viendrait-il de la répons de l'Elysée à son courrier. Celle-ci est quelque peu convenue. Bastien Cazals explique : "Ils m'ont dit avoir pris connaissance 'avec intérêt' de mes attentes et réflexions".

En tout cas, les professeurs désobéisseurs les plus populaires devraient se retrouver le tribunal administratif de Montpellier. Finalememnt ce n'est ni plus ni moins que l'identité professionnelle des enseignants sur laquelle tout le monde semble hésiter...

 Droit à la libre expression ou devoir de réserve, comment tranchez-vous?

12.06.2009

Twitter et éducation ne font pas bon ménage en Ecosse...

Après la polémique de facebook en Angleterre, l'éducation est confrontée cette fois à l'utilisation de twitter par les professeurs. Si les nouvelles technologies semblent prendre de plus en plus d'importance dans la façon de dispenser l'enseignement, l'utilisation des réseaux sociaux sur internet n'est pas encore cadrée.

twitter home.gifQuand twitter devient objet de licenciement en Ecosse...


La polémique commence à enfler... Elle va certainement être à la hauteur du nombre d'utilisateurs utilisant les réseaux sociaux et qui sont enseignants. Petit rappel des faits... Nous sommes en Ecosse où un professeur dispense son cours. Ayant un accès à Internet, ce dernier profite de l'accès au web pour aller sur twitter et déposer des commentaires sur les élèves et le cours. Oui mais voilà, le principe du réseau social est que tout est public et finalement le tout revient aux oreilles des élèves et des parents qui crient au scandale. Conséquence de tout cela, l'enseignant en question se fait licencier...
Pourquoi aller jusqu'au licenciement ? L'Ecosse est un pays qui a mis en place un code de conduite précis pour les professeurs : il faut qu'en tous points, les professeurs aient une conduite exemplaire face à leurs élèves. Mais il s'agit encore, pour le moment, pour l'Ecosse de décider ce qui est considéré comme inapproprié dans l'environnement des TICE et plus particulièrement ce qui est à faire ou non concernant les réseaux sociaux. Une problématique qui est à prendre au sérieux pour tous les pays qui ont décidé d'intégrer de façon dynamique les TICE dans l'enseignement.

Les nouvelles technologies à mettre sous contrôle ?

ordi chaine.JPGLes nouvelles technologies (TICE) permettent une communication facilitée. Mais quand la facilité devient un reflexe pour partager une émotion, une envie, il s'agit de pouvoir encadrer cette nouvelle façon de communiquer surtout lorsqu'elle intervient dans un cadre professionnel. Dans un certains sens on peut dire qu'aujourd'hui les soucis qu'ont les entreprises à « contrôler » l'utilisation des réseaux sociaux pendant le temps de travailler revient aux questions qui se sont posées lorsqu'on a donné un accès à internet illimité et par là même un accès à sa messagerie et aux différents sites sur la toile. Ainsi de même qu'aujourd'hui il y a une réglementation sur les droits et les devoirs des salariés quant à l'utilisation du web pendant les heures de travail, on peut très imaginer que d'ici quelques temps, un encadrement de l'utilisation des réseaux sociaux soit mis en place dans le milieu de l'enseignement.

06.06.2009

Pour qui votez-vous ?

Savez-vous pour qui vous allez voter demain? (euh oui, c'est demain dimanche 7 juin les élections européennes). Difficile de s'y retrouver dans tous ces partis qui se présentent par dizaines : quelles que soient vos inclinations, plusieurs prétendants se pressent pour obtenir votre bulletin ... Qui a dit "Trop de choix tue le choix" ?

Plutôt que de vous abstenir,  un site indépendant vous propose de déterminer quel parti vous correspond le mieux en vous posant quelques questions, testez le, c'est impressionnant !

http://www.euprofiler.eu/

Pour résumer, "EU Profiler" est un logiciel de Conseil de Vote Il vous informe sur les partis en lice, leur propositions concrètes concernant les thèmes majeurs comme la crise économique, leur vision du capitalisme, les impôts, l'entrée de la Turquie dans l'EU, le mariage homosexuel, etc.

elections europeenes 2009.PNG

<<"What is the EU Profiler?

It is a Voting Advice Application (VAA) – an impartial tool designed to inform potential voters and other interested users about the political landscape in Europe ahead of the European Parliament elections in June 2009. Amongst others, it provides answers to the following questions: Which parties are running? Where do they stand on the important issues? Where do I stand in relation to the parties? All of these questions and more are answered in the few minutes it takes to fill out a questionnaire.


Is it independent?

The EU Profiler is an academic project, unaffiliated with any party, candidate, government or branch of the EU. It has been entirely funded by the three consortium institutions - the Robert Schuman Centre for Advanced Studies (RCAS), part of the European University Institute (EUI); Kieskompas and the NCCR Democracy (University of Zurich/Zentrum für Demokratie Aarau)/Politools network.
The tool was designed in such a way as to allow complete impartiality. Information was gathered by respected experts in European politics and at no point were political parties in a position to influence the composition of either the tool itself or the information provided by it.
">>

28.05.2009

Le bras de fer entre le monde politique et enseignant se poursuit...

Avec l'approche de la fin de l'année scolaire et le contexte politique axé sur les réformes, on est en droit de se demander si le bras de fer qui est actuellement soutenu entre le monde politique et enseignant s'écroulera avec le début des vacances scolaires. Retour sur la réforme, l'opposition du monde enseignant et les conséquences que risquent de subir les élèves.

 

La réforme du monde enseignant en pleine polémique...

Le président Nicolas Sarkozy a promis une réforme de l'enseignement supérieur s'il était élu et il l'a donc lancé par l'intermédiaire de Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale et Valérie Pecresse, Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. C'est donc reparti pour un tour sur un sujet où de nombreux gouvernements se sont déjà cassés les dents...

Objectif principal pour cette réforme : rendre les universités autonomes. L'autonomie que veut voir se mettre en place le gouvernement est à la fois financier, administratif, gestion des bâtiments...

Ce qui est plutôt une bonne intention mais alors où est le problème ? C'est que cette autonomie de l'université par rapport à l'Etat doit être compensée par un autre moyen car c'est bien connu l'argent ne tombe pas du ciel et sans rentrées d'argent, les universités à l'image des autres institutions ne peuvent pas fonctionner.

Et c'est là que le mécontentement voit le jour puisque la solution proposée est la privatisation des universités ou comme diront les opposants à cette réforme « mettre l'université au service des intérêts des capitalistes » puisque les universités devront nouer des partenariats financiers avec des partenaires qu'ils choisiront et qu'ils auront préalablement déniché.

 

Quelles sont les principales peurs du monde de l'enseignement supérieur ?

De voir se réduire la démocratie qui existe actuellement à l'intérieur des universités puisque les changements administratifs modifieront par exemple la composition du Conseil d'administration. En effet, au fur et à mesure que des éléments extérieurs prendront racine dans l'université, ils prendront également de plus en plus de place au sein de ce dît conseil, places attribuées auparavant à des élèves, professeurs, personnels techniques... Ce qui prend toute son importance quand on sait que c'est ce conseil qui décide de la politique menée par l'école.

De voir les entreprises avoir la main mise sur les programmes. L'université devra répondre aux besoins immédiats des entreprises en formation sans bénéficier d'un certain recul puisque ce recul pourrait très bien se traduire financièrement.

De voir le statut même du personnel changé. Alors qu'actuellement les professeurs sont des fonctionnaires et à ce titre protégés, ils pourront être engagés désormais comme n'importe quel salarié en CDI.

Alors c'est pour toutes ces inquiétudes que manifestations et blocages sont apparus au sein des universités. Je vous propose de visionner une vidéo où un professeur explique pourquoi il fait grève.

 

Quelles conséquences pour les élèves ?

Les blocages des universités ne semblent pas de résoudre partout avec une opposition qui semble toujours tenir le coup. Alors même si dans les universités les élèves ont des avis partagés, le constat est le même : avec les blocages d'universités qui perdurent ce sont les cours qui s'arrêtent totalement... Ce sont donc la date des examens qui est remise en question.

En effet, si les salles d'examens étaient débloquées à temps, c'est la question du programme qui se poserait. Le temps d'enseignement ayant été réduit, ce sont la possibilité des sujets d'examens qui seraient trop réduits et les examens pourraient donc délivrés des diplômes ayant une valeur moindre que les années précédentes. La solution pourrait donc venir d'un report des examens pendant l'été ou à la rentrée...

Qu'en pensez-vous ? Votez  en utilisant le sondage mis à votre disposition sur le côté gauche !

 

21.05.2009

L'INRP ? Oui mais encore ?

Quand on parle de l'INRP, on voit beaucoup de regards interrogateurs. Alors voici une petite présentation de l'Institut National de Ressources Pédagogiques et de ce qu'il apporte au monde éducatif.

inrp.gifINRP, pourquoi faire ?

Cet Institut National de Recherche Pédagogique est un établissement public de recherche et de diffusion des savoirs dans le domaine de l'éducation. Il est placé sous la tutelle du Ministère de l'Education Nationale et du Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche (source Wikipédia). Cet institut est installé aujourd'hui à Lyon et à des unités également à Rouen, Paris et Marseille.

Pourquoi cet institut ? Parce que dire qu'il y a des élèves doués et d'autres qui ne le sont pas est trop réducteur tout comme le fait de dire qu'il y a des bons profs et d'autres moins compétents. Parce que tout peut s'apprendre et qu'il n'y a pas de fatalité et parce qu'il faut donner aux générations qui nous suivent toutes les chances possibles, l'INRP est là pour s'assurer que chaque jour, les élèves bénéficient des meilleurs méthodes d'enseignements leur permettant de réussir haut la main.

Son rôle est également important puisqu'il est le « médiateur entre la recherche scientifique et les acteurs du dispositif éducatif ».

Recherche et diffusion des résultats

Sa première mission portant donc sur la recherche s'occupe tout particulièrement des méthodes éducatives concernant les différents niveaux d'enseignements que se soit en formation initiale ou continue. Et avec toutes les nouvelles possibilités qui apparaissent avec les NTIC, c'est un sujet de recherche riche. En parallèle de ces recherches, il anime et mobilise la communauté scientifique en liaison avec ses sujets.

inrp.jpgSa seconde mission, la diffusion des savoirs acquis grâce à la recherche qui consiste à appuyer le pilotage national et académique de l'enseignement scolaire pour tout ce qui concerne la mise en place de réformes pédagogiques, des pratiques nouvelles, d'innovation,... en bref tout ce qui peut améliorer sur le terrain l'enseignement dispensé dans nos salles de classe.

L'INRP travaille ainsi sur trois sujets importants : le « socle commun des connaissances et des compétences, l'égalité des chances et le renouvellement des outils de la formation notamment par les TICE. Et pour cela, l'INRP se structure autour de 4 programmes :

-  Apprentissages, curriculum et didactiques pour répondre aux enjeux internationaux actuels et majeurs d'ordre éducatif et d'ordre scientifique.

-  Culture numérique, technologies de l'information et de la communication et éducation pour certes intégrer les TICE mais aussi penser l'évolution des formes et des contenus des enseignements et des apprentissages

-  Politiques et dispositifs publics d'éducation et de formation

-  Professionnalité enseignante pour définir les métiers de l'éducation et notamment les nouveaux métiers...

Oui mais concrètement, ça donne quoi ?

inrp revues.gifL'INRP répond à 5 missions...

-  Conseil et expertise qui s'appuient sur les résultats des recherches engagées.

-  Diffusion des résultats de la recherche concernant notamment la formation des formateurs

-  Information scientifique, veille scientifique et documentaire, production et diffusion de ressources concernant l'éducation. L'INRP publie en partenariat avec des éditeurs une quarantaine d'ouvrages par an mais également huit revues différentes.

-  Observation des pratiques pour connaître et comprendre ce qui se passe sur le terrain de l'éducation

-  Conservation, de développement et de valorisation de collections muséographiques et bibliographiques via sa bibliothèque et le Musée national de l'éducation.

...et propose de nombreuses ressources et de nombreux services qui s'appuient sur les résultats des recherches menées :

inrp main pate.gif-  Des sites internet comme par exemple la Main à la pâte, pour enseigner les sciences à l'école maternelle et élémentaire, Eductice, EducMaths,...

- l'édition de revues et d'ouvrage disponible dans sa librairie en ligne

- l'organisation de journées d'études, de séminaires, de colloques...

- la diffusion de bulletins, d'exposition

- un portail des ressources

Alors rendez-vous dans les prochains billets pour découvrir les nombreux sites ressources de l'INRP.

 

03.04.2009

Quand Twitter et Wikipédia s'inscrivent au programme scolaire...

En Grande-Bretagne, une petite révolution dans le monde scolaire est en marche : Twitter et Wikipédia seront bientôt au programme scolaire des écoles primaires britanniques et non ce n'est pas une blague, bien au contraire. Il s'agit plutôt de préparer au mieux les élèves au monde du travail qui les attend et à ses usages. Alors qu'en est-il vraiment ?

 

wikipedia2.gifUn nouveau projet de programme scolaire en préparation qui prend en compte les nouvelles technologies...

C'est le journal Guardian qui a révélé que selon un nouveau projet de réforme scolaire qui est en construction actuellement, il serait prévu de mettre au programme la maîtrise de l'Internet. Et cette maîtrise du web passe par celle de sites comme Twitter ou Wikipédia, mais également par la connaissance du fonctionnement des blogs, des podcasts...

Ce nouveau projet crée la polémique car si assurer aux élèves la maîtrise de ce nouveau média est une bonne idée, il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment d'autres matières qui ont toujours été considérées essentielles et à juste titre. C'est le cas de l'enseignement de l'Histoire qui est remis en cause avec notamment certains sujets qui pourraient ne devenir qu'optionnels comme par exemple l'étude de la période victorienne ou celle de la Seconde Guerre Mondiale.

twitter.gifEn réaction à cette polémique, le ministre chargé des Ecoles a tenté de rassurer les britanniques en indiquant que ce projet n'a encore rien de définitif. Il a déclaré « ce qui est sûr, c'est que nous travaillons avec des experts pour élargir le cursus comme nous l'ont demandé les enseignants mais l'histoire britannique tient, et tiendra toujours, une part centrale de l'éducation dans ce pays ».

Le journal révèle également que désormais les programmes scolaires britanniques devraient être regroupés en 6 thématiques qui remplaceraient les 13 sujets d'enseignement actuellement au programme. L'anglais, la communication et les langues, les maths, l'environnement, les sciences, la santé et le bien-être devraient être la nouvelle ligne de conduite de l'enseignement britannique...

Alors si la nouvelle répartition des matières peut créer la polémique, il y a sûrement - pour l'enseignement français - des leçons à tirer de l'intégration des nouvelles technologies dans le programme... En effet, même si le programme reste discutable, on ne peut nier l'envie britannique de faire avancer l'école avec son temps, et cela reste indiscutablement une qualité !

Vous pouvez retrouvez l'article du journal Guardian en cliquant ici

 

30.03.2009

La journée dela jupe ou le cinéma au secours de l'école

la journée de la jupe.jpgLe film La journée de la jupe a tout d'abord été présenté hors compétition au festival de fiction de La Rochelle où il a rencontré un fort succès. Il a également été diffusé en avant-première sur Arte le 20 mars. Et depuis le 25 mars 2009, La journée de la jupe a fait son entrée dans le box office  Isabelle Adjani nous propose au travers de son personnage un film fort sur l'éducation et ses difficultés actuelles.

 

Un film salué par la critique...

Pour le Figaroscope « Isabelle Adjani, en prof désespérée et exaspérée, retrouve un rôle à la mesure de son talent. Bouleversant ». Et ce n'est pas la seule critique à avoir apprécié le film. Métro, Elle, Film Actu, Télérama... ont également salué le film, le réalisateur et Isabelle Adjani, actrice principale du film.

Mais de quoi parle t-il ? C'est l'histoire d'une prof, qui poussée à bout, découvre une arme dans le sac d'un de ses élèves et prend alors ces derniers en otage. Ce sont alors tous les acteurs de l'école qui réagissent, les médias... Et le titre du film prend tout son sens puisqu'il représente la revendication de ce professeur qui demande au gouvernement d'instaurer une journée de la jupe où il sera possible de porter une jupe sans être considérée comme une pute. Pour en savoir plus, je vous propose de visionner la bande-annonce du film.

 

Plus d'infos sur ce film

 

La réalité de l'école dénoncée au cinéma

Dans A nous Paris, Isabelle Adjani explique pourquoi elle a choisi de faire ce film alors qu'on ne la voit pas souvent au cinéma. Pour elle, faire ce film est une façon de rendre visible les problèmes que rencontre l'école et plus particulièrement l'ambiance des classes dîtes difficiles. Cette situation inattendue est « un traitement plutôt corsé de ce problème social qu'est l'enseignement dans une classe difficile. »

Pour Isabelle Adjani, un des problèmes de l'éducation d'aujourd'hui est qu'on a laissé « entrer dans la classe nos problèmes sociétaux comme le chômage, les inégalités ou le racisme ». En conséquence, l'enseignant ne tient plus son rôle premier, celui d'apprendre des choses aux élèves mais devient un intervenant chargé de résoudre les problèmes extérieurs. Une des réponses à ce problème est pour l'actrice de réaffirmer le rôle du professeur face à ses élèves. Elle adresse donc le message suivant aux élèves : « Acceptez d'apprendre. C'est ça qui va vous construire, et après vous déciderez vous-mêmes. Plutôt que de croire que vous savez tout et que la liberté d'expression, c'est vouloir tout casser. »

 

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